Voici des textes d’auteurs qui sont éclairants pour moi, quelques unes de mes  réflexions sur l’art-thérapie, issues de ma pratique et de mes recherches personnelles,   et des mots de patients en art-thérapie…

« Nous devons dépasser la logique du tout ou rien : être le premier ou rien. La voie de la douceur me paraît encore la meilleure stratégie. Commencer à jouer trois notes sans attendre d’être concertiste. Nul besoin d’avoir confiance en soir pour effectuer ces micros pas. C’est ainsi que la puissance intérieure se reconstruit . Un pas après l’autre » . Anne Dufourmantel (psychanalyste et philosophe)  /La puissance de la douceur/Payot

Il est mal vu aujourd’hui de parler du manque car il annonce la tristesse, et la tristesse n’a pas bonne presse, elle résonne trop avec déprime, et çà ne sonne pas «gagnant», çà ne brille pas. Pourtant on y gagne à reconnaître notre tristesse, car comme tout ce que nous vivons en sincérité, elle ouvre la porte de notre intime pour aller  sur le chemin de notre désir.

L’art-thérapie nous donne un accès direct à notre espace intérieur,  le corps, impliqué dans la création parle de lui même. L’objet crée (que ce soit un modelage, une peinture, un texte, une danse, une émotion jouée..) fait un effet de tiers dans lequel se déposent des émotions, des rêves, parfois du sens. Le sens que porte une création n’est pas recherché à tout prix, cela créerait une tension inutile, l’important c’est le processus enclenché qui va vers la possibilité de s’approcher, d’apprivoiser le réel intérieur, l’indicible.

 

Le jardin secret représente une opposition positive à l’air du temps. Il aide l’individu à penser par lui-même, à devenir un peu plus dense et à se moquer des diktats de l’époque. Ce peut être un acte minuscule, mais répété. Si vous faites pousser la même rose et lui parlez de la même manière tous les jours, personne ne pourra faire cela comme vous. C’est quelque chose que personne ne pourra vous prendre, ce n’est pas prenable. Vous existerez, dans votre singularité, à travers cette rose.  Anne Dufourmantel, interwiew à Figaro Madame en 2015

 

 

Une question qui revient  : laisser l’objet dans l’espace thérapeutique, pourquoi ne pas l’emporter chez soi ?

Le laisser à l’intérieur de l’espace thérapeutique permet d’accorder plus d’importance aux traces venues du temps de la création, qu’à l’objet lui même. Il a été crée dans l’atelier ou en cabinet , en présence de l’art-thérapeute il porte donc des éléments de cette relation , de ce qui se passe sur le moment ; une fois à l’extérieur n’ayant plus ce sens, il pourrait faire l’objet de projections négatives pour son créateur.

 

 


 

 

Quelques mots de patients en art-thérapies :

«En m’exprimant par mes mains , je dis beaucoup plus que par les mots » Lise

 

 

 

 

« Je ressens un apaisement après une séance d’art-thérapie » Loïc

 

 

« Je ne sais ni dessiner ni peindre,  j’ai tout de même fait quelque chose qui m’a étonné moi même et donné de la  confiance » Pierre

« Lorsque j’ai terminé mon montage,  je me suis dit : tout est là» Léa